—La paix! fit le notaire. Eh bien! M. le marquis... un peu de courage!
—Je donne... et lègue, prononça faiblement, mais nettement le malade, tout... tout... à ma femme... et à mon fils. Un immense soupir souleva les poitrines.
—La paix, bonnes gens, répéta le notaire, on va rédiger.
La plume du clerc grinça sur le papier et il lut d'une petite voix aigrelette qu'il avait, la formule qui précède le codicille, puis le codicille lui-même, ainsi conçu: «.... A déclaré donner et léguer par le présent à la dame Olympe-Marguerite-Émilie Barnod, marquise de Chambray et audit mineur légitimé Lucien de Chambray, la totalité de ses biens meubles et immeubles.»
—Est-ce bien cela? demanda Pouleux.
M. de Chambray ne répondit pas.
—Diable! fit le notaire, s'il est parti, ce sera comme on dit, de la bouillie pour les chats!
—Est-ce cela que vous voulez, M. le marquis? demanda le docteur à son tour.
Et il se pencha pour approcher son oreille de cette bouche immobile qui était froide déjà depuis longtemps. Il écouta faisant signe à tous de retenir leur respiration,—et tous obéirent.
La partie que jouait ce Louaisot était audacieuse à un degré qui dépasse la raison. Il eût suffi d'une main qui eût frôlé le cadavre par hasard pour faire écrouler tout l'échafaudage de ses supercheries.... Oui, nous pouvons croire cela.—Mais je parie bien qu'à cette botte-là ou à toute autre, ce démon de Louaisot aurait eu la parade. Quoi qu'il en soit, il dit en se relevant, et au milieu du silence absolu qui régnait dans la chambre: