Le lieu était véritablement propice pour un mauvais coup. Point de fenêtres donnant sur les terrains. Entre la rue du Rocher, qui était la plus voisine de nous et nos huttes il y avait toute la longueur de la ruelle, occupée par deux grands jardins dont les murs avaient vingt pieds de hauteur.

Je ne crois pas qu'il se fût jamais commis là beaucoup de crimes, mais c'était parce que personne n'y venait qui valût la peine d'être assommé.

Un soir de dimanche, j'y ai entendu deux philosophes dont l'un disait à l'autre avec mélancolie:

—S'il venait seulement quelqu'un de trois francs!...

Mais l'autre ne répondit seulement pas à la hardiesse de cette hypothèse.

Une heure se passa. La Couronne s'éveilla la première. Elle secoua doucement la main du vieillard qui ouvrit les yeux en sursaut. Il avait dormi tranquille parce qu'il se sentait gardé, on comprenait cela à la terreur soudaine que le réveil amenait.

La Couronne demanda à manger, car le vieux entra dans sa maison et en ressortit avec une tartine de pain et une pomme.

Laura se mit aussitôt à faire son repas.

Il n'y avait pas à s'y tromper, elle était là en sentinelle. Louaisot avait obtenu d'elle promesse d'y rester un temps donné. Et d'autre part, il s'était arrangé de façon que Joseph Huroux arrivât pendant qu'elle faisait faction.

Le patron excellait à ces arrangements presque puérils et fournissant des conséquences tragiques.