En dedans du mur et tout près de la maison, il y avait deux grands tilleuls qui avaient donné leur nom à l'établissement.

Louaisot et sa compagne étaient arrivés au Point-du-Jour presque en même temps que François Riant. En longeant la grande route, M. Louaisot put assister au départ de Laurent et à l'installation de François, son remplaçant.

Il était près de midi. Désormais le train le plus prochain, dépassant Pontoise, était à trois heures. Quoi qu'il arrivât, Laurent ne pouvait revenir que le lendemain matin, ou tout au plus tôt par le dernier convoi de nuit.

On avait à soi la soirée tout entière.

Pélagie avait procuré à Laura une toilette simple et décente qu'elle portait à merveille. En elle il n'y avait rien absolument qui dénotât son état mental. Pour quiconque ne la connaissait point, c'était une jolie personne, ayant passé la première jeunesse et portant sur son visage la trace d'une souffrance physique ou d'un chagrin.

Aujourd'hui, il y avait en elle quelque chose de grave et de recueilli. Elle était un peu comme les anciens chevaliers à la veille des armes.

Louaisot avait remué les cendres de sa folie qui couvait, prête à s'éteindre peut-être. Le feu prenait de nouveau à sa pensée. Une solennelle obligation pesait sur elle.

En chemin, elle avait dit plusieurs fois:

—Je voudrais prier dans une église.

Louaisot n'était pas à la noce, comme on dit, et cette journée devait lui sembler longue. Il lui fallait, en effet, soutenir son rôle jusqu'à la nuit et ne pas laisser refroidir un seul instant le mystique enthousiasme de la Couronne.