Les oiseaux habillaient, cachant dans les broussées le mystère de leur travail amoureux; la violette invisible exhalait son souffle dans l'air; le blé tout jeune ondulait sous les caresses de la brise.
Je m'arrêtai à regarder la fillette qui ne me voyait pas.
Elle avait une robe d'indienne grise dont le tissu commun me semblait plus doux que la soie. Un ruban noir serrait sa ceinture. Ses cheveux blonds jouaient en grosses boucles sur ses épaules d'enfant.
Ce n'était qu'une enfant.... Geoffroy, que je t'aimerais si ton cœur battait un peu!
Moi, je pliais sous le poids d'une émotion qui m'irritait parce que je n'y comprenais rien, mais qui me ravissait en extase.
Peut-être que je fis un mouvement, bien malgré moi, car je retenais mon souffle; peut-être que mon regard pesa sur la jeune fille. Elle se retourna comme si quelque chose l'importunait. Nos regards se croisèrent, ce fut moi qui rougis.
Elle? son mouvement venait de mettre ses traits en pleine lumière, et le soleil du printemps éclaira son sourire.
Car elle eut un sourire à la fois espiègle et ingénu, avant de bondir comme un jeune faon pour disparaître d'un saut de l'autre côté de la haie. Je ne la vis plus; il y avait une brèche derrière le gros châtaignier. Mais je l'entendis qui disait, dans l'autre champ:
—Maman, c'est notre ennemi!
Ce mot me terrassa.