—Que votre sang retombe sur votre tête! murmura-t-il en faisant un pas de plus.

—Mais avec quoi me tuerez-vous, insensé! m'écriai-je, prêt à me défendre.

—Je ne sais pas... avec moi!

En même temps qu'il prononçait ce mot étrange dont l'accent faisait une menace véritablement mortelle, il me toucha le bras.

Ce fut si faible qu'on eût dit l'étreinte d'un enfant. Mais ce fut terrible.

Écoutez: terrible! je sentis que la vie défaillait dans ma poitrine.

Ma tête se renversa sur mon oreiller et malgré moi ces paroles passèrent entre mes lèvres:

—Si elle est innocente, qui donc est coupable?

Lucien prit cela pour une acceptation. Il lâcha mon bras et serra doucement ma main.

—Courage, me dit-il, M. Ferrand. Vous allez beaucoup souffrir. Je lui rendis son étreinte et je sortis de mon lit.