Mais je me suis calmé en songeant que tu ne la connaissais seulement pas. J'ai jeté le chiffon anonyme et je n'y ai plus songé.

Hier soir, parlons désormais sérieusement, ta lettre est arrivée. Elle m'a expliqué un peu l'hébreu impertinent du billet.

D'après ta lettre «ladite jeune personne» est la fille de ce vieux Rodrigue de baron. Celui-là, j'ai bien le droit d'en faire les honneurs puisqu'il était un peu mon cousin par sa femme.

Tiens, justement au même degré, et même plus près, je crois, que la perfection des perfections, mon autre cousine, la divine Olympe. Tu l'as donc oubliée depuis qu'elle est marquise?

Mon père ne voyait pas la baronne Péry de Marannes. Ils s'étaient brouillés, je ne sais pourquoi. Ceci est pour répondre à ta question. La mère et la fille sont des étrangères pour moi. Je ne les connais ni d'Ève ni d'Adam, je l'affirme sur l'honneur.

Voilà qui est dit. À ce sujet, le billet anonyme se trompe absolument. Comment peut-il se tromper tant que cela et me radoter à moi-même qu'il m'a rencontré avec une personne que je n'ai jamais vue, je n'en sais rien et m'en bats l'œil. Je méprise les charades, ne sachant pas les deviner.

Mais, mon vieux Lucien, il y a autre chose, malheureusement. Je suis presque marri de ne pouvoir remplir les intentions charitables de l'anonyme, car tu vas te casser le cou, c'est clair. As-tu idée, entre parenthèses, de ce que peut être l'anonyme?

Les belles dames prennent souvent ce style de procureur quand elles vous lancent ainsi des gredineries non signées.

As-tu une belle dame à tes trousses?

Moi, j'ai songé à ta bonne mère. Je l'approuverais palsambleu! Ou à une de tes sœurs.