Voilà. C'est qu'on en épouse une autre. Je suppose que cette raison-là te paraîtra péremptoire.

Comme je l'aimais! comme je l'adore! tu vas me demander: qui donc épouses-tu comme cela? Curieux!

Te divertirait-il de savoir que j'ai demandé Olympe? Tu t'y attendais. C'est ce qui tombe d'abord sous le sens. On épouse Olympe aussi fatalement qu'on n'épouse pas Fanchette. Mon pauvre bon oncle était encore chaud que j'avais déjà la main à la plume. Pas de réponse. J'ai pris la poste pour Dieppe. Olympe m'a ri au nez. Très bien. Je suis revenu à Paris.

Je crois qu'Olympe a un amour au cœur, comme dit ta sœur Julie que j'ai vue là-bas et qui vaut à elle seule tout un cabinet de lecture. Bonne fille, du reste. Célestine aussi. Mais des râpes dans la bouche.

Alors, Olympe m'ayant remis à ma place, je cherche comme un malheureux. Personne ne m'a dit: «Marie-toi», mais je sens qu'il faut me marier. Il le faut. C'est la loi.

Songe donc! non seulement je suis riche, comme peut l'être un bon bourgeois, par mon oncle; mais, par mon oncle encore, il me tombe un droit éventuel à la succession du fournisseur,—le dernier vivant de la tontine.

Tu dois bien connaître un peu cette chanson-là. Le bonhomme Jean Rochecotte était de chez vous, et tous ses héritiers demeurent autour d'Yvetot. Je prime tout le monde à ce qu'il paraît. Je suis sérieusement menacé de périr à la fleur de l'âge, étouffé sous une avalanche de millions.

Et sais-tu que, si je mourais, ton affaire, Jeanne, cesserait d'être une mauvaise plaisanterie?

Je ne pourrais pas te dire au juste en quel ordre elle vient, mais sa mère était cousine du fournisseur. Peut-être que Me Béat (Solange-Alceste) pourrait te renseigner. Vas-y voir.

Moi, je continue de chercher. Je me suis donné quinze jours pour trouver, car si la situation traînait jusqu'à trois semaines, je parie un franc que j'épouserais Fanchette.