Robert ne se lassait point de méditer.
Il fallut, pour le distraire de ses réflexions profondes, la riante visite du soleil matinier, qui vint se jouer dans les hauts rideaux de la croisée.
Robert ouvrit la fenêtre; sa poitrine fatiguée respira l'air vif et frais avec avidité.
C'était une magnifique matinée d'automne. Robert avait devant lui le grand jardin de Penhoël, qui rejoignait de riches guérets, des bois, des prairies courant le long de la colline jusqu'au bourg de Glénac. Au bas du coteau, le marais étendait son immense nappe d'eau, qui était maintenant tranquille et unie comme une glace. Au loin, le soleil dorait les sommets des collines de Saint-Vincent et des Fougerays. Sur l'extrême pointe de la plus haute de ces collines, au milieu d'une vieille forêt majestueusement étagée, se dressait l'ancien château seigneurial de Penhoël, possédé maintenant par la famille de Pontalès.
La belle et fraîche lumière du matin inondait l'opulent paysage. Impossible de rêver un coup d'œil plus gracieux et plus riche à la fois.
Robert souriait. Il comptait les guérets, les taillis, les prairies; et c'était un regard de conquérant qu'il promenait sur la contrée.
Il entra dans le cabinet de Blaise, qui dormait toujours comme un bienheureux.
—Lève-toi, dit-il en le secouant brusquement.
Le gros garçon se frotta les yeux et sauta sur le plancher.
—Diable!... grommela-t-il, je rêvais que nous avions emporté l'argenterie du château, et que Bibandier, habillé en gendarme, nous conduisait à la prison.