C'était un portefeuille. Robert l'approcha des yeux de Marthe, qui se couvrit le visage de ses mains.

—Il est pénible d'en venir à ces extrémités, madame, poursuivit Robert en baissant la voix, mais c'est vous seule qui m'y forcez, à tout prendre!... Pourtant, vous savez bien ce que je puis contre vous!...

Il frappa sur le maroquin du portefeuille. Marthe demeurait immobile.

—Voyons! reprit Robert, ne me contraignez pas à faire un coup d'éclat!... Vous savez si j'ai été discret durant ces trois années... Ne soyez pas plus cruelle que moi envers vous-même... Si vous continuez à me refuser, malgré ma répugnance qui est grande, je me déciderai à faire usage de cette arme... Si vous consentez, comme je l'espère encore, vous pouvez compter, autant que par le passé, sur ma discrétion à toute épreuve!

Madame hésita encore durant un instant. La nuit cachait l'angoisse mortelle qui était sur son visage.

—Je ne puis pas vous résister, monsieur... dit-elle enfin d'une voix à peine intelligible, ce que vous ordonnerez, je le ferai!

—A la bonne heure! s'écria gaiement Robert qui remit le portefeuille dans sa poche; avec une femme d'esprit on a toujours de la ressource...

Puis il ajouta en parlant comme un acteur à la cantonade:

—Holà... n'y a-t-il personne ici?

Maître le Hivain sortit de sa cachette.