Cette question s'adressait à Blaise.
—Auprès de la tonne de cidre, répondit le domestique; il boit à la santé du roi.
—Peut-on toujours compter sur lui?
—Je le laisse jeûner depuis trois ans, répliqua Blaise, pour le tenir en haleine... Il est maigre et affamé comme un bon chien de chasse.
Robert se retourna vers Pontalès.
—M. le marquis, dit-il, chacun de nous, cette nuit, doit avoir sa part de besogne... Il faut que tout soit fait demain matin, car il y a comme un menaçant mystère autour de nous, et peut-être nous repentirions-nous toute notre vie d'avoir perdu quelques heures dans les circonstances où nous sommes... Je me charge des petites filles.
—Où les trouverez-vous? demanda Pontalès.
—Bibandier est un limier de premier ordre, répondit Blaise.
—Quant à vous, M. le marquis, reprit Robert, vous vous chargerez de Penhoël... Maître le Hivain, les faux sont-ils toujours chez vous?
—Toujours, répliqua Macrocéphale; seulement, depuis que les petits démons rôdent, la nuit, autour de chez moi, j'ai ôté le portefeuille du tiroir où je l'avais serré, pour l'enfouir sous les carreaux de mon cabinet de travail... Dérangez mon fauteuil et enlevez une toile, vous avez la chose!