Ils se séparèrent.
L'homme de loi descendit l'allée qui menait au salon de verdure pour chercher le marquis de Pontalès, et Robert de Blois monta lestement le perron du manoir.
Au lieu d'entrer dans la chambre du maître de Penhoël, dont la porte se présentait la première dans le corridor, il se dirigea vers l'appartement de Madame.
IX
RENDEZ-VOUS.
Le marquis de Pontalès et maître Protais le Hivain arrivaient sous la Tour-du-Cadet pour attendre Robert de Blois, qui leur avait assigné ce rendez-vous.
La soirée était déjà fort avancée, et le salon de verdure, déserté tour à tour par tous ceux qui pouvaient diriger la fête, restait décidément en proie aux trois Grâces Baboin-des-Roseaux-de-l'Étang, qui se passaient de main en main la redoutable guitare, et faisaient boire, jusqu'à la lie, aux convives découragés, le calice de leur antique répertoire.
Pontalès et l'homme de loi causaient en suivant le sentier qui menait à la tour.
—Il avait l'air sûr de son affaire?... demandait le vieux marquis.
Macrocéphale haussa ses épaules pointues et fit une grimace de dédain.
—Ça ne doute de rien, vous savez! répliqua-t-il. Parce que ça sait faire sauter la coupe et pêcher le roi en brouillant les cartes, ça se croit un homme bien habile!... Ah! M. le marquis, sans le dévouement profond que je vous porte, je ne resterais pas une minute de plus dans toutes ces affaires-là... Ce Robert, voyez-vous, est un aventurier de bas étage, et je n'aime que les gens comme il faut... Vous, par exemple, M. le marquis, et le jeune M. Alain... voilà des gentilshommes!... Ah! je vous parle franchement, je ne m'inquiète guère plus de ce Robert que de Penhoël lui-même!... Mais quant à ce qui vous regarde, je me ferais hacher en mille pièces pour votre service!