—Sortez!... dit René.

—Que M. le vicomte veuille bien me pardonner si je n'obéis à l'instant même, comme c'est mon devoir... Mais je n'ai pas achevé ma commission... La personne qui m'envoie vers M. le vicomte désire le voir s'établir à bonne distance de la commune de Glénac pour éviter la chance de conflits regrettables... Je suis conséquemment chargé de notifier à M. le vicomte que tout fermier de Penhoël ou de Pontalès qui lui ouvrirait la porte de sa maison serait immédiatement congédié... M. le vicomte est trop généreux pour exposer de pauvres diables...

—Sortez!... répéta Penhoël dont la patience était évidemment à bout.

Comme ses sourcils se fronçaient, maître le Hivain eut peur. Il témoigna une dernière fois son désir de se faire hacher en mille pièces pour le service de M. le vicomte, et gagna la porte à reculons, en saluant, à chaque pas qu'il faisait, jusqu'à terre.

Il se rendit chez l'oncle Jean pour lui répéter sa notification.

Penhoël, resté seul, demeura durant quelques secondes anéanti sous le coup qui le frappait. Il avait jusque-là fermé les yeux volontairement pour ne point voir les conséquences de sa ruine. Au bout de quelques minutes, une colère sourde fit place à l'abattement qui l'accablait. Un amer sourire éclaira son visage morne. Il venait de songer à Marthe.

Il se leva.

—C'est elle, murmura-t-il, c'est elle qui est cause de tout!... Je suis le maître pendant une heure encore... J'ai le temps de me venger!

Ce fut alors qu'il se rendit dans la chambre de Blanche.