Cyprienne et Diane les regardaient, posées qu'elles étaient sur la table, le rouge au front et les yeux petillants de plaisir.

—Regarde bien ces deux enfants, dit encore Montalt à Séid qui se retirait; tu es à elles comme à moi... tout ce qu'elles te diront, fais-le.

Les yeux brillants du nègre s'attachèrent sur les deux sœurs, mais son noir visage n'exprima aucune surprise.

Il s'inclina et sortit.

—C'est à nous, ces belles bourses?... demanda Cyprienne.

La tête du nabab oscillait sur ses épaules et ses yeux se fermaient.

—Pas encore..., répliqua-t-il, tandis qu'un sourire vague errait sur sa lèvre; il faut que vous les achetiez.

Son doigt, étendu, montra la harpe d'or demi-cachée par la draperie dans un coin du boudoir.

—Une fois que je passais, reprit-il tandis que son accent s'imprégnait de mélancolie, je vous entendis chanter une chanson qui me plut, mes filles... Voulez-vous me la dire? Je m'endormirai en l'écoutant, et je rêverai de vous...

Cyprienne s'élança vers la harpe.