Diane ferma la fenêtre du jardin et choisit, parmi les vêtements pendus à la boiserie, un costume complet de cavalier fashionable.

Cyprienne l'imita.

Elles entamèrent toutes deux, avec une gracieuse gaucherie, l'œuvre difficile de se vêtir en hommes.

Évidemment, ce n'était point pur caprice, et il y avait sous jeu quelque expédition importante, car vous eussiez retrouvé, sur leurs jolis visages, cette vaillance gaie qui les faisait sourire autrefois, à Penhoël, quand l'heure venait de livrer bataille.

C'étaient de bons petits soldats, joyeux au feu et s'enivrant volontiers à l'odeur de la poudre!

—Comme c'est dur, ce vilain cuir! disait Cyprienne en essayant sa seconde paire de bottes; vous verrez que je n'en trouverai pas d'assez petites pour mon pied!...

—Jeune homme, répliqua Diane gravement, vous êtes un fat!

Et Cyprienne de rire de tout son cœur.

Les bottes mises, on passa le pantalon, coupé pour une femme, mais dont la taille n'était pas encore assez fine. Dieu sait qu'on eut toutes les peines du monde à disposer le nœud de la cravate!

Diane voulait la rosette classique; Cyprienne aimait mieux les deux pointes à la diable.