—Eh bien! reprit Diane, je vous ordonne, moi, de faire atteler sur-le-champ une voiture... nous voulons aller nous promener.

—A cette heure de la nuit?... murmura le noir.

—C'est notre volonté!... dit Diane.

Le noir s'inclina encore, et s'éloigna pour obéir.

XV
LE PRISONNIER.

Madame la marquise d'Urgel habitait le deuxième étage d'une maison de décente apparence, située rue Sainte-Marguerite, juste en face de la prison militaire.

C'était, suivant l'opinion des gens du quartier, une veuve dans une position de fortune aisée, mais qui ne répondait pas tout à fait au fracas de son grand nom. Elle avait cependant un appartement fort digne, une toilette toujours recherchée et une voiture.

Elle ne sortait guère, sinon pour accomplir ses dévotions, comme une Castillane de bon sang, et aussi, le soir, parfois, à l'heure où s'ouvrent les salons du grand monde. Mais, comme elle ne recevait jamais personne, on ne supposait point qu'elle pût être fort répandue.

Tout le monde s'accordait à convenir que c'était une des plus belles femmes de Paris.

Sa nièce, jolie personne de seize à dix-sept ans, à la figure douce et souffrante, vivait encore bien plus retirée. C'est à peine si on l'avait vue sortir deux ou trois fois, jamais à pied.