La voix se fit entendre de nouveau derrière les arbres, faible, basse, et arrivant à peine aux oreilles du nabab et de son compagnon.

—Tu mens! répéta-t-elle; tu as assassiné... non pas des hommes forts... mais deux pauvres jeunes filles que la main de Dieu vengera, Robert de Blois!

L'Américain semblait frappé de la foudre.

—Nous venons de parler du pays des apparitions surnaturelles, M. le chevalier, dit froidement le nabab que rien ne pouvait étonner. Vous avez évoqué des fantômes...

Il salua d'un geste plein de courtoisie, et laissa Robert seul dans le berceau.

Blaise et Bibandier s'y élancèrent aussitôt.

Le nabab rentra dans le bal; il avait pour coutume de se retirer longtemps avant la fin de ses fêtes. Ce fut donc sans étonnement qu'on le vit se diriger vers le perron de l'hôtel.

Il traversa les groupes joyeux en s'inclinant à droite et à gauche, sans retirer la main qui pressait toujours sa poitrine.

Sa figure pâle avait ce même sourire qu'on lui avait vu au moment où l'orchestre donnait le premier signal de la danse.

Il franchit le péristyle jonché de fleurs, et rentra dans l'hôtel.