—Chères... chères enfants! murmura-t-il, je vous crois... et je crois que nous serons tous heureux...

Il avait mis les quatre diamants dans la main de Diane.

Il retourna vers le meuble, afin d'y replacer la boîte de sandal.

Tandis qu'il refermait le meuble à double tour, la pendule sonna: il était minuit.

Montalt revint vers les deux jeunes filles, mais il n'y avait plus de sourire sur ses lèvres.

—Diane, dit-il, je vous confie cette clef, ma fille... J'avais encore bien des choses à vous dire, mais j'ai besoin d'être seul... Écoutez seulement mes dernières paroles... Je vous reverrai demain vers huit heures... peut-être à neuf heures... Si je n'étais pas revenu à dix heures, vous vous serviriez de cette clef, Diane; vous prendriez la boîte de sandal... les diamants qui la couvrent seraient votre héritage...

—Oh! père!... interrompirent les deux jeunes filles effrayées en se serrant contre lui.

—Laissez-moi poursuivre..., reprit Montalt qui parlait d'une voix triste, mais ferme; cette fortune que je vous lègue, vous n'aurez de compte à en rendre à personne... Seulement, dans le cas où je ne devrais point revenir, ma volonté est que la boucle de cheveux renfermée dans cette boîte soit détruite... Promettez-moi de la brûler, mes filles, et d'en jeter les cendres au vent...

Diane et Cyprienne promirent. Elles voulaient parler et décharger le poids qui était sur leur cœur; mais le nabab les conduisit lui-même jusqu'à la porte.

Elles se jetèrent dans ses bras; il les repoussa doucement.