Tous deux avaient le même désir que Vincent: mettre obstacle à ce duel inégal; mais il y avait, à ce moment, sur le visage du vieux Penhoël une résolution si grave et si fière que leurs volontés dominées se taisaient.
Le vieillard prit place à l'endroit même où ses quatre devanciers avaient combattu. Il examina soigneusement la garde de l'épée et l'angle de la monture.
Puis il fit le salut des armes, suivant la rigueur des anciennes coutumes.
Sa haute taille se développait robuste et hautaine.
Quatre hommes forts et jeunes avaient passé par là, et pourtant on pouvait pressentir que, cette fois seulement, Montalt allait trouver à qui parler.
Il rendit le salut et donna son épée.
—A vous!... dit l'oncle Jean.
—A vous!... répliqua Montalt.
Le pied nu de l'oncle Jean frappa deux brusques appels, et son épée, manœuvrant avec une rapidité prestigieuse, chercha le défaut de cette impénétrable cuirasse qui était au-devant de la poitrine du nabab.
Il n'était plus temps d'en prendre à son aise. Montalt avait maintenant l'œil au guet, le jarret tendu, la main leste. On voyait qu'il dépensait toute sa vigueur et toute son adresse pour parer les coups précipités que lui portait le vieillard.