—Milord..., dit en ce moment Étienne avec timidité, mon cœur se refusait à vous haïr... Pendant ces belles années que j'ai passées à Penhoël, j'entendais votre nom dans toutes les bouches... Avant de vous connaître, j'avais appris à vous aimer.
—Laissons là Penhoël, s'il vous plaît, monsieur..., repartit sèchement le nabab.
Roger, qui allait parler, baissa la tête en silence.
—Vous êtes irrité contre nous, reprit le jeune peintre; nous vous en avons donné le droit... mais, je vous en prie, milord, vous, l'oncle respecté de celles que nous aimons, oubliez votre colère!
Le nabab laissa tomber sur lui un regard froid et distrait.
—Je n'ai pas de colère, monsieur, répliqua-t-il; seulement ce que je vois ici m'ennuie et me répugne...
Il bâilla et poursuivit comme en se parlant à lui-même:
—Tristes gens! tristes choses!... Je crois que je vais retourner dans l'Inde...
Étienne voulut insister, à défaut de son ami, qui gardait toujours un silence embarrassé. Le nabab fit un geste de fatigue et se renfonça dans un coin.
On ne parla plus durant tout le reste de la route.