—Louis, dit l'oncle Jean, cet homme est cause que Pontalès commande dans la maison de ton père.
Le visage du nabab eut une contraction légère, mais il demeura en dehors du cercle.
—Notre père..., dit Diane,—car nous l'appelons aussi notre père, ajouta-t-elle en s'adressant à Jean de Penhoël, sur qui ces simples mots parurent produire une impression étrange;—notre père n'ignore rien de ce qui s'est passé au manoir... Nous avons entendu cet homme raconter lui-même tous ses lâches exploits.
Blaise et Bibandier, comme on le pense, avaient la bonne envie de fuir, mais on voyait maintenant, au delà du seuil, les têtes noires de Séid et de son compagnon.
—Ce que milord ne peut pas savoir, dit Étienne, c'est que cet homme, en qui nous ne reconnaissions point l'hôte fatal de Penhoël, est l'unique cause de notre rage folle et de notre erreur... C'est lui qui a fait naître nos soupçons... C'est lui encore qui nous a donné accès dans cette maison de jeu où nous avons pu vous joindre hier.
—C'est lui qui m'a conduit par la main jusqu'à vous, ajouta Vincent.
—C'est lui qui a donné de l'argent à Nawn pour empoisonner les jeunes demoiselles, prononça, derrière le seuil, la voix gutturale de Séid.
—C'est lui qui a tout fait!... ajouta l'oncle dont la main s'étendit au-dessus de la tête de Robert: notre malheur et notre ruine!... Mon neveu Louis, il faut que cet homme soit châtié!
Depuis l'entrée de Robert, le nabab n'avait pas prononcé une seule parole. Sa tête était inclinée sur sa poitrine; ses yeux rêvaient, il semblait ne point écouter.
En ce moment, il s'avança vers l'Américain, et le cercle s'ouvrit pour lui faire passage.