—Dix heures!... murmura-t-il en se parlant à lui-même; dans une demi-heure René sera ici... Pardonnez-moi si je n'entre pas dans des explications détaillées, car le temps nous presse, et c'est à peine si nous pourrons dresser les actes qu'il nous faudra signer.
Pontalès ne répondit point, mais son regard fit le tour de l'assistance.
—Sans doute... sans doute! reprit Robert qui interprétait ce coup d'œil furtif et peureux, nous sommes trois contre un... car maître le Hivain observera la neutralité la plus absolue, en cas de guerre déclarée... Nous pourrions user de violence à notre aise... mais ne craignez rien, M. le marquis... nous n'aurons pas besoin de cela... Notre intérêt veut qu'une alliance soit conclue entre vous et nous... alliance solide, cette fois, et que votre caprice ne puisse plus rompre...
Il se tourna vers l'homme de loi, qui chauffait ses grands souliers ferrés au coin de la cheminée.
—Préparez votre plume et votre encre, M. le Hivain, reprit-il; voici deux feuilles de papier timbré... Ayez l'obligeance de nous minuter un acte passé entre M. de Pontalès d'une part, et nous trois de l'autre, lequel acte divise en quatre portions égales les anciens domaines de Penhoël.
—Et je n'aurai qu'un quart?... grommela le marquis.
—Chacun de nous, répliqua Robert, aura l'un des trois autres quarts.
—J'aime mieux subir le rachat.
Robert donna les deux papiers timbrés à l'homme de loi.
—Permettez! dit-il en faisant à Pontalès un petit signe de tête amical, vous n'avez pas tout à fait le choix... Si nous ne sommes pas avec vous, nous serons contre vous... n'est-ce pas, mes braves?