Macrocéphale venait d'achever la copie de l'acte.
—M. le marquis, dit Robert, il faut vous décider... Si vous ne signez pas, nous allons faire nous-mêmes l'office de passeurs, et amener ici les deux Penhoël... Il faut que vous compreniez bien votre situation... Vous avez affaire ici à trois hommes qui n'ont plus rien à perdre, et qui, peut-être, gardent contre vous quelque petite rancune... Ces hommes sont habitués à mettre leur intérêt avant toute idée de vengeance... Profitez, croyez-moi, de leur sagesse!... car, si vous perdez l'occasion, ce soir, demain, ces hommes porteront témoignage dans l'accusation de vol et d'assassinat que les deux Penhoël comptent vous intenter.
Pontalès pressa son front chauve entre ses deux mains.
Un cri retentissant se fit entendre au dehors, dans la direction de la route de Redon.
On disait:
—Au bac!... ho!... ho!...
Le vieux passeur s'agita une seconde fois sous sa couverture, comme si ce cri eût remué son agonie.
—Le voilà!... murmura-t-il de sa voix creuse et haletante. Je le reconnais!... Mon Dieu!... donnez-moi une heure de vie, pour que le serviteur puisse saluer son maître avant d'aller vers vous.
Pontalès saisit une des copies et apposa convulsivement sa signature au bas du papier.
Tout le monde se leva. Robert souffla la résine.