Les deux démons de Penhoël, comme on les appelait autrefois, Cyprienne et Diane signalaient déjà leur présence!
Il n'était pas difficile de deviner qu'elles auraient mis Blanche sous la protection du nabab.
Et maintenant, que faire? La partie semblait tellement compromise que l'idée de fuir était venue à tout le monde.
Il n'était pas encore trop tard. A supposer même que Berry Montalt prît en main les intérêts de Penhoël, il n'avait pas eu le temps de donner l'éveil à la police. Les portes étaient ouvertes, et une bonne chaise de poste, bien attelée, pouvait trancher d'un seul coup la difficulté.
Mais Robert de Blois était une étrange nature de coquin; il ne connaissait la faiblesse qu'aux heures de prospérité. Quand les cartes se brouillaient, quand les difficultés naissaient et grandissaient à l'improviste pour lui barrer la route, il s'éveillait en quelque sorte, ce n'était plus le même homme. Le courage lui venait et l'escroc vulgaire se haussait à la taille des plus vaillants héros de cours d'assises.
Il ne voulait pas fuir, lui; il prétendait voir clair à travers tous ces dangers qui obscurcissaient l'horizon; il se sentait de l'argent en poche, et se faisait fort de ramener la partie.
En somme qu'y avait-il? La probabilité d'un adversaire de plus. Qui pouvait dire si cet adversaire ne deviendrait pas un allié à l'occasion?
Fallait-il renoncer à cet espoir? La lutte restait possible, et l'ennemi qu'on ne pouvait se concilier, il fallait le perdre.
Au premier abord, cette ligue des Penhoël avec le nabab semblait, à la vérité, formidable; mais cette ligue était-elle bien réelle?
Que de femmes s'étaient égarées dans ce voluptueux boudoir, où Blaise et Bibandier avaient aperçu les filles de l'oncle Jean!