Cyprienne sauta de joie.
—Madame!... s'écria-t-elle, notre chère Madame! Que Dieu est bon et que nous sommes heureuses!... Ma sœur, c'est nous qui l'aurons sauvée!... C'est nous qui lui rendrons son Ange bien-aimé!
Diane se laissa glisser sur ses genoux devant l'image de la Vierge.
—Nous la verrons encore sourire comme autrefois..., murmura-t-elle; oh! sainte Mère de Dieu, soyez bénie!... car nous l'aimons comme si nous étions ses filles... et son bonheur nous est plus cher que notre bonheur!
Cyprienne s'était mise à genoux auprès de sa sœur. Elles prièrent toutes deux.
Puis toutes deux se jetèrent sur le lit, car elles étaient bien lasses, et leurs jolies têtes, rapprochées, s'appuyèrent ensemble sur l'oreiller.
Elles ne voulaient point dormir; mais, tandis qu'elles s'entretenaient, mariant leurs sourires heureux, le sommeil les surprit et ferma leurs paupières.
Une heure se passa, puis deux heures. Quand Diane s'éveilla enfin en sursaut, le soleil de midi, glissant à travers les carreaux de la lucarne, tombait d'aplomb sur son visage.
Elle se jeta hors du lit en poussant un cri de surprise. A son tour, Cyprienne s'éveilla.
—Comment!... dit-elle en se frottant les yeux, nous avons dormi!...