—C'est fini ces bêtises-là, murmura-t-elle, et c'est remplacé chez moi par le cœur d'une mère!

Sous la poésie enfin et tout au fond de la boîte, il y avait un paquet ficelé, composé de titres de rentes et de quelques autres bonnes valeurs.

Maman Léo prit le paquet, remit toutes les autres paperasses dans le coffre et le replaça sous le lit, après l'avoir fermé.

—Ça, pensa-t-elle tout haut d'un air triste mais résolu, je croyais bien que c'était le repos de mes vieux jours, mais ça va sauter comme un cabri sans faire ni une ni deux. Pour évader un quelqu'un, il faut de l'argent, c'est connu, afin de séduire les diverses racailles qui font dans la prison le métier de mes gardiens à la ménagerie. Il est peut-être bien tard pour recommencer sa fortune à l'âge que j'ai... Allons! c'est bon, pas de raisons! Si on ne refait pas sa fortune on mourra dans la misère, voilà tout! Il y en a eu bien d'autres, et mon garçon sera sauvé.

Elle sortit de sa maison roulante avec son paquet sous le bras et vint frapper à la porte de la baraque.

Échalot, probablement, n'avait pas dormi plus qu'elle, car il répondit au premier appel.

Le jour venait. Maman Léo se chargea de garder Saladin pendant qu'Échalot allait chercher le café au lait dans une de ces crémeries qui avoisinent les halles et qui ne ferment jamais.

On déjeuna. Échalot et sa patronne étaient émus tous les deux comme le matin d'une bataille, mais cela ne leur ôtait point l'appétit.

—Voilà l'ordre et la marche, dit la dompteuse, qui jusqu'alors avait mangé sans parler, on va fermer la boutique.

—Mais, objecta Échalot, M. Gondrequin et M. Baruque vont venir...