—Laissez parler Germain, répliqua seulement Valentine.

Le vieux valet poursuivit:

—Monsieur Remy resta un instant silencieux, car il était accablé de fatigue, puis il m'ordonna d'enlever un des deux grands tiroirs du secrétaire, celui de droite. Derrière ce tiroir, il y avait une cachette et dans la cachette une grande enveloppe portant ces noms comme une adresse: Marie-Amélie d'Arx.

La veuve rapprocha son siège, dominée par une curiosité nouvelle, et Valentine murmura d'une voix émue:

—C'est donc là mon véritable nom!

—C'est celui que vous reçûtes au baptistère de la cathédrale de Toulouse, le 30 octobre 1819, répondit Germain. J'étais là; feu ma bonne femme, votre nourrice, se trouva faible au commencement de la cérémonie, et ce fut moi qui vous portai dans mes bras.

«Regardez-moi, mademoiselle d'Arx, je suis ici comme un témoin, et je m'interroge moi-même avant de vous donner les actes qui vont faire de vous l'héritière légitime de mes maîtres.

«Vous étiez une toute petite enfant quand je vous vis pour la dernière fois; mais je vous reconnais, je le jure au fond de ma conscience!

«Ou plutôt je reconnais en vous votre sainte mère, dont vous êtes le vivant portrait.

«Quand mon maître eut le paquet entre les mains, il baisa votre nom sur l'enveloppe, pensant tout haut: