[XXXI]

Le cœur de Valentine

Les sourcils de Valentine étaient froncés par l'effort de son travail mental.

—Vous êtes condamné comme nous, dit-elle, et vous ne l'ignorez pas.

—Je suis toujours condamné, répondit Coyatier, mais je me rachète toujours. Le Père se connaît en hommes; ça ne l'embarrasserait pas de remplacer son Louis XVII ou n'importe lequel des membres de son conseil, mais il sait bien qu'il ne trouverait pas un autre marchef.

—Vous avez peur de lui? murmura la jeune fille.

—Ça, c'est bien sûr, dit le bandit, et il faudrait être fou pour n'avoir pas peur de lui.

—Vous ne consentiriez pas à le combattre? j'entends à le combattre bravement, comme un homme, un vrai homme, comme un soldat qui a déserté revient et se dresse de son haut pour mourir?

—Si c'était en Alger, grommela le marchef, où il y aurait des gens pour me regarder.

—Moi, je vous regarde, prononça tout bas la jeune fille.