—Oh! fit la veuve, je ne suis pas douillette. Est-ce que ce Roblot est un des employés de la maison?
—Non, c'est un de nos convalescents de l'hospice. Quand ils commencent à aller mieux, on leur laisse beaucoup de liberté et ils en profitent pour fréquenter la conciergerie. Vous concevrez qu'à l'hospice nous n'avons pas des ducs et des marquis. À l'établissement payant, c'est différent; quand il fait beau et que notre société se promène dans les jardins, on dirait un coin du bois de Boulogne.
Une porte située en face de la première entrée fut ouverte et donna accès dans un vestibule que M. Constant traversa sans s'arrêter.
Au-delà, c'était un jardin assez vaste et tout plein de grands arbres couverts de neige.
—Voilà l'établissement, dit M. Constant, qui montra, à droite et à gauche, deux corps de logis éclairés. Ici les malades ordinaires et là les aliénés; nous n'allons ni ici, ni là; vous savez, la demoiselle est au bout, dans le grand pavillon.
Ils suivirent un chemin où la neige était balayée avec soin et parvinrent à une maison de belle apparence, dont le perron, tourné vers le midi, dominait tout le paysage parisien.
M. Constant sonna et ce fut Victoire, la femme de chambre de Valentine, qui ouvrit.
—Dieu merci! dit-elle, voici assez longtemps qu'on s'impatiente!
Puis elle ajouta avec une curiosité qui n'était pas exempte d'impertinence:
—C'est là la personne?