Non sans difficulté ni fatigue, je parvins enfin tout près de l'Aroraï, le sommet de l'Ile, la montagne formidable et sacrée.

C'était le soir, la lune se levait, et, en la regardant qui enveloppait mollement de ses lueurs légères le front rude du mont, je me rappelai la fameuse légende:

Paraü Hina Téfatou (Hina disait à Téfatou)…

la légende très ancienne que les jeunes filles récitent volontiers, le soir, à la veillée, et à laquelle pour théâtre elles assignent le lieu même où j'étais.

Et je crus voir:

Une tête puissante d'homme divin, la tête du héros à qui la Nature a conféré l'orgueil conscient de toutes ses forces, un glorieux visage de géant, brisant les dernières lignes de l'horizon, et comme au seuil du monde; une femme caressante et faible saisit doucement le Dieu aux cheveux et lui parle:

—Faites revivre l'homme quand il sera mort…

Et les lèvres courroucées, mais non cruelles, du Dieu vont s'ouvrir pour répondre:

—L'homme mourra.

V