Et les cieux loueront la nouvelle étoile
Aux trois feux d'or, d'émeraude et d'azur.
Toutes les ailes et toutes les voiles
S'orienteront à son nimbe pur.

Et longtemps, longtemps l'étoile splendide
Sur les mers où fut Tahiti luira.
Mais sa place, un jour, au ciel sera vide,
Et le monde, qui l'aimait, pleurera.

Alors l'astre, avec un cri de victoire,
Au sommet des cieux prenant son essor,
Eblouira l'infini de sa gloire
Aux trois feux d'azur, d'émeraude et d'or.

—Qui sait, maintenant, où le sort l'entraîne,
Astre errant qu'habite un peuple de morts?
—Va! son but est beau, sa course est certaine,
Car il est guidé par le Forts des Forts!

Car Taaroa, le Maître Sublime,
Gouvernant les bonds de l'astre éperdu,
Est, comme autrefois, assis sur la cime
Où fuma le sang qui lui était dû!

A l'ombre du manguier colossal, à mi-voix.._

VIII

LE CONTEUR PARLE

Le soir, au lit, nous avons de longs entretiens, longs et, souvent, très sérieux.

Maintenant que je peux comprendre Téhura, en qui dorment et parfois rêvent ses aïeux, je m'efforce de voir et de penser par cette âme d'enfant et de retrouver en elle les traces du lointain passé, bien mort, socialement, mais qui persiste en de vagues souvenirs.