Labeur sans fin; sinon, que serait la vie?

Nous sommes ce que nous avons été de tous les temps et nous sommes ce que nous serons dans tous les temps, une machine ballottée par tous les vents.

Les marins adroits et prévoyants évitent le danger là où les autres succombent, tenant compte cependant d’un je ne sais quoi qui fait vivre l’un au même endroit où un autre agissant pareillement meurt.

Les uns veulent, d’autres se résignent sans combat.

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J’estime que la vie n’a de sens que quand on la pratique volontairement ou tout au moins en son degré de volonté. La vertu, le bien, le mal sont des mots. Si on ne les broie pour construire un édifice, ils n’ont leur vrai sens que si l’on sait les appliquer. Se remettre entre les mains de son créateur, c’est s’annuler et mourir.

Saint Augustin et Fortunat le manichéen en présence ont raison et tort tous deux, car là rien ne se constate.

Le pouvoir du bien et le pouvoir du mal!

Se remettre entre leurs mains, c’est grave et bien peu digne. C’est l’excuse...

Personne n’est bon, personne n’est méchant; tout le monde l’est semblablement et autrement. Inutile à dire si les roublards ne disaient le contraire.