D.—Qu’on me laisse tranquille ce matin, je n’y suis pour personne.
Dans son élégant cabinet capitonné, Mignon est seul, se mire, se pomponne, puis étend une couche de cold-cream sur son petit museau adoré. Il se déculotte (un peu seulement... les convenances!...) et allant on ne sait où, un peu de ce cold-cream à la cannelle s’engloutit aux profondeurs mystérieuses du chérubin.
8 heures du soir. L’immense, la belle Toutoua en son logis gazouille, chemise entr’ouverte, laissant voir de mystérieuses choses aux âcres senteurs dont la vue aurait en des vieillards éteints rallumé le feu de Vénus et particulièrement échauffait son mignon. Tous deux d’amour brûlaient à la recherche des extases suprêmes. Ce fut une nuit superbe.
Le sommeil depuis quelques heures avait engourdi nos deux belles créatures lorsque les voitures du laitier annoncèrent l’heure proche du marché. L’immense Toutoua se réveilla, voulut à gauche, à droite, embrasser son adoré. Oui-da, elle ne trouva rien. Peau de balle, balai de crin. Une sueur froide inonda ses puissants mamelons lorsqu’elle sentit sous elle son cher mignon. L’insecte ne donnait plus signe de vie, tout à fait endommagé.
Que faire? toutes prolonges dehors et pas un verre de ratafia. Toutoua tristement mit l’insecte entre ses deux mamelons et le porta au logis seigneurial. Le docteur fut appelé et trouva que l’insecte devait être mal à son aise. Le grand Hippocrate lui-même n’aurait pas trouvé mieux que son disciple lorsque celui-ci prenant un soufflet d’insecticide Vicat l’introduisit dans les profondeurs mystérieuses car aussitôt l’insecte respira.
En l’an X de la 18ᵉ dynastie Ramsès, tout ceci se passa.
Traduction s.-g.-d.-g.
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Au café, au grand 9, sur le boulevard, je vais: tout le monde y va, la belle race arienne circule. Au café, au grand 9, sur le boulevard, je dessine, je regarde, j’écoute sans attrait. Au café, les tables de marbre invitent le crayon, les glaces agrandissent la foule: le monde est là sans choix. Sans choix aussi je dessine; tout est beau, tout est laid.
Tiens!!! voilà une tête que je connais; où diable l’ai-je vue. Le profil est anguleux, et je cherche qui cela peut être. Ah! j’y suis, c’est moi, je me résigne sans tristesse. Je me croyais mieux. La vérité!! Au grand 9, Madame dit: «Que prenez-vous? du champagne. N’est-ce pas?» Et moi, plus modeste, je réponds: «Donnez-moi du pippermint!»