Notre jeune Américain aurait été tué par un vigoureux coup de bâton sur le cou, tout comme le ferait une guillotine.
Ils étaient deux, le Chinois et son gendre. Ceux-ci se seraient battus pour le partage des piastres.
Puis après, le gendre et deux autres indigènes se seraient livrés à leur gloutonnerie. L’Américain fut mangé.
Je passe bien des détails qui ne sont pas intéressants pour l’importance de ce récit.
Ici, le lecteur va me poser une question à laquelle je vais répondre immédiatement.
D.—Pourquoi, maintenant que tous ces faits sont connus ne pas revenir à la charge en ce qui concerne tous les complices?
R.—Parce qu’immédiatement le silence se ferait et que tous ces racontars affirmés deviendraient de la fable inventée pour s’amuser du crédule Européen.
La langue indigène marquisienne est très peu riche, on le sait: par suite, l’indigène s’exerce à manier habilement la périphrase. Ainsi, par exemple, les gendarmes se présentent en quête de renseignements, et très ostensiblement on continue à causer sans aucune gêne.
L’un dit: «Je crois que la lune sera très claire et que par suite on ne prendra pas du poisson.»
Cela veut dire: «Prenons garde et faisons l’obscurité: il faut se défier de la clarté de la lune.»