Pour être d’accord avec mon titre avant et après, permettez-moi de vous raconter quelque chose d’auparavant.
Le général Boulanger, vous en souvient-il, se trouvait à Jersey en cachette.
Or, en ce temps, c’était l’hiver, je travaillais au Pouldu, limite du Finistère sur la côte isolée, loin, très loin des chaumières.
Survint un gendarme qui avait ordre de surveiller la côte pour empêcher un soi-disant débarquement du général Boulanger déguisé en pêcheur.
Je fus interrogé avec finesse, pressé dans tous les replis de mon individu à tel point que très intimidé je m’écriai: «Est-ce que par hasard, vous me prendriez pour le général Boulanger?
Lui.—On a vu plus fort que ça.
Moi.—Avez-vous son signalement?
Lui.—Son signalement! je me le fourre quelque part, et que subrepticement vous vous foutez de moi, et que conséquemment je vous fous dedans.
Moi.—Je fus obligé d’aller à Quimperlé m’expliquer et le brigadier me prouva aussitôt que n’étant pas le général Boulanger je n’avais pas le droit de me faire passer pour un général et me moquer d’un gendarme dans l’exercice de ses fonctions.
Comment! moi me faire passer pour un général...