Eh! bien, aujourd'hui, ma Françoise, j'oublie tout! Toi et mes gosses, vous m'êtes rendus et je suis prodigieusement heureux!
Tout à l'heure, quand j'ai revu dans ce triste état ma maison, mon village... je n'ai pas pleuré... J'ai pensé: «C'est mon pays, pourtant!... C'est là que je suis né! C'est ma terre! La voilà! Je l'ai reprise!... Comprends-tu?... Je l'ai reprise!... Pour qu'elle redevienne française, les meilleurs d'entre nous sont morts... Et plus elle a été martyrisée, ma terre, plus je l'aime!... A présent, pour moi, cette terre-là, elle est trois fois sainte!
Ah! ces pierres de notre maison, ces pauvres pierres brisées, je voudrais les ramasser une à une et les baiser toutes!... Tiens, Françoise, tiens, embrasse-les, toi aussi!
FRANÇOISE
Embrasser ces vilaines pierres pleines de poussière? Merci!... Non, non, tu as beau dire... tout ça, c'est horrible, horrible!...
Elle sanglote de nouveau.
LE CAVALIER REGNARD
Françoise, Françoise,... regarde donc nos gosses qui jouent dans notre maison détruite... Est-ce que ça ne te dit rien, ça?
Les gosses, l'avenir, l'avenir dans les ruines!