—Non, tu ne m'aimes point, dit-elle; et, au même instant s'écria. Car Vitalis venait, en réponse, de la meurtrir sous son peignoir.
—Ah! fit l'amoureuse, qui entrouvrit sa bouche si rouge, comme pour aspirer l'âme d'une puissante fleur.
—C'est que tu es trop jeune, reprit-elle. Tu ne penses qu'à toi, toujours, même quand tes rêves t'emportent loin de toi. Tu ne sais pas souffrir dans un autre cœur que le tien. Et une douleur partagée; c'est cela qui est l'amour même, ô mon amour.
—Le plaisir, n'est-ce donc rien, demanda-t-il?
—Et jusque dans le plaisir, Vitalis, tu n'inventes que ton plaisir.
Mais c'est son corps qu'il interrogeait. Sous ses doigts le peignoir s'ouvrit; il l'aperçut toute entière, avec sa poitrine bombée, des genoux ronds, la haute lyre de ses hanches. Et il la désira.
—...Lida...
Sans répondre, elle le précéda; et d'une ondulation, faisant glisser son peignoir jusqu'à terre, se coucha toute nue.
Cependant elle laissait nager sur Vitalis les regards d'une méprisante joie, comme si elle ne lui eût offert qu'à son gré ses membres, et leur servage orgueilleux.
C'était un des jours les plus chauds de cette fin d'été. Sous le firmament d'or, voguaient des nuages éclatants et denses que les souffles d'en haut, ignorés d'un sol immobile, modelaient selon des caprices mystérieux. L'un d'eux, en passant sur le soleil, plongea dans la pénombre ces amants embrassés déjà.