—L'heureuse famille, quoi. Et le San Buscar, qu'est-ce qu'il dit?

—Mais, ma chère, il n'y a rien à dire. Vous pensez bien qu'avec le petit frère je suis au courant. D'ailleurs, si vous voulez demander à San Buscar, il va venir.

—C'est lui, le rasta généreux, dont vous me parliez l'autre jour, à propos de ces jarretelles que vous faites faire?

—Ah! en vermeil. Oui, c'est lui.

—Et aussi... Américain que son beau-frère?

—Non, fait Floride, avec un air de découragement. Lui, c'est du Sud; il faut s'employer. Figurez-vous que j'ai._._._._._._._._.

Ici l'on sonne, et l'introduction de San Buscar provoque bientôt le départ de Palmyre, quoique Floride tâche à la garder encore, comme sauvegarde. Mais San Buscar roule sur Mme La Mortagne des yeux pareils aux boules d'un loto tragique, en sorte qu'elle s'en va; et le lecteur imagine sans peine tout ce qui s'ensuit.

Cependant M. Gédéon-Lord Harryfellow (de Minneapolis) et sa soeur Imogène étaient en train de s'entretenir en leur langue maternelle, du moins si l'on peut accoler à l'anglais cette caressante épithète.

Comme tout ceci se passait quinze jours plus tard, au moins, que la petite bagarre du Léviathan, Lord était sensiblement dégrisé. Selon son habitude, il ressemblait au premier Consul, en plus grec et en moins penseur: sa pensée, il faut le dire, ne s'exerçant d'ordinaire que sur des objets peu compliqués, une bonne partie de golf, par exemple, ou de poker,—un cheval qui saute, derrière le lointain renard, dans le matin vif,—ou bien encore cette odeur rapide de drogue et de noisette qu'exhale un cristal creux, où le soda mousse dans du wiskey. A part cela, indifférent; et, de toutes ces belles envies dont souffre l'Europe, n'ayant que les rudiments; quelque chose comme une appendicite de vices: assez pour en souffrir, trop peu pour que cela lui servît à quelque chose.

Sa soeur se plaisait à son visage. C'était comme le sien propre qu'elle aurait vu respirer en face d'elle.