—Taisez-vous, Nane. D'abord vous n'êtes pas près de mourir, et si jamais...

—C'est vrai, vous la regretterez un peu, votre amie Nane, qui a été si capricieuse avec vous? Mais vous aviez tant de patience, comme on est avec un enfant qui n'est pas le vôtre. Vous rappelez-vous, de m'avoir recueillie tombant d'un omnibus?

Et elle se met à rire, comme autrefois; mais d'un rire faible et pour ainsi dire suranné.

—Je voudrais vous demander quelque chose, reprend-elle. Vous savez qu'à tort ou à raison je n'ai pas les idées de maman sur certaines choses, ni les vôtres. Mais puisque c'est comme ça, définitivement, faites au moins qu'on me laisse mourir en paix. Je vous en supplie; je ne veux pas de robes noires autour de moi.

—Eh bien soit, lui dis-je, (et la promesse me pèse un peu) je ferai mon possible. Aussi bien, dans les dispositions où vous êtes.

Mais le lendemain, Nane eut à supporter un autre assaut, et d'un côté imprévu. Comme je passais la plus grande partie du jour auprès d'elle, je me trouvai là au moment que sa mère lui apportait une carte sur laquelle était gravé:

M. D'ARTAXIA, prêtre,

et, dessous, écrit au crayon:

de la part de la marquise d'Iscamps.

—Il faudra donc le recevoir, dit Nane avec résignation.