—Voyez-vous, me disait Nane, quand j'ai été guérie, et les médecins n'en revenaient pas (j'ai cru qu'ils allaient me faire un procès), je suis tombée à d'autres tracas. Votre prison, d'abord, m'a toute chambournée. Puis voilà tout d'un coup mes fournisseurs qui se déguisent en créanciers. Alors ça n'a pas été drôle du tout; ils voulaient faire saisir mes meubles, reprendre des bijoux, que sais-je. C'est Pastisson qui m'a tirée de là.

—Mais Nane: Pastisson enfin? Ils sont six.

—Mais non, me répond-elle avec candeur, je vous assure que c'est toujours le même.

XIII

Les noces de Nane

«Deus bone! quam bonus ille Belga......

(JOH. BEVERWICKIUS: Epistol. ad
Vossium CLXXII
.)

Bon Dieu! Le bon Belge!

Sans être fataliste, ni vouloir démêler en toutes choses les mauvais desseins de la Providence, «cette caricature de Dieu», a dit Nicole, on peut croire que M. Dieudonné Le Marigo était destiné par son nom à un hymen inexorable.

—Vous comprenez, conclut Nane après m'avoir laissé entendre qu'elle tramait d'épouser ce Belge riche et industriel, un mendigo, n'est-ce pas, c'est un monsieur qui mendie. Eh bien, Le Marigo, c'est un monsieur qui se marie; je veux dire: qui se marie en justes noces. Même qu'il s'attarde un peu... Dieudonné.

—Ah Nane! de justes noces: cela va vous changer beaucoup. Prenez garde de les faire craquer, au moins.