. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

S'il eût écouté la narratrice avec l'attention minutieuse qu'il apportait naguère à «débrouiller» les affaires compliquées pour lesquelles on avait recours à son office, le détective émérite eût remarqué ceci:

C'est que la première partie de son histoire—celle qui avait trait à l'aversion que lui témoignait la Femme-Canon et aux craintes que lui inspiraient les allures des trois frères,—avait été détaillée par mademoiselle Fine-Lame avec une chaleur, une conviction, une éloquence qui affirmaient la sincérité de ce récit.

Dans la seconde, au contraire,—celle qui se rapportait à la scène du matin, ainsi qu'à la fuite de la fillette et à la poursuite qui en avait été le résultat,—la Filleule de Lagardère avait montré, à plusieurs reprises, une hésitation, un embarras qui eussent donné à réfléchir à un auditeur moins prévenu en sa faveur.

Mais Jacques subissait le charme qu'épandait l'étrange et ravissante créature.

Sa pensée vacillait comme s'il eût ressenti une sorte d'ivresse. Nous n'insinuerons point qu'il fût déjà amoureux. Mais ce fut en tremblant qu'il dit:

—Ma chère enfant, je vous donnerai un asile et je vous rendrai l'espérance.

XV
LE NARCOTIQUE

La fugitive eut un long soupir de soulagement.

Puis elle questionna brusquement: