Si je comprends qu'il y a un Dieu au ciel et une justice ailleurs que sur la terre, c'est que je l'ai deviné d'instinct; c'est que je suis entrée, par hasard, dans une église, un soir que l'angélus paraissait m'appeler et que ma pauvre âme suffoquait de doutes et d'incertitudes; c'est que j'ai prié et que je me suis sentie éclairée...

Oui, mais, hors de l'église, tout n'est pour moi que ténèbres...

Oh! cette obscurité terrible!...

De la lumière! J'ai besoin de lumière! L'ignorance est une nuit: le bien la fuit, le mal y rôde...

Ah! si j'avais eu une famille pour m'instruire!...

Mais je suis un enfant abandonné, perdu, vendu, volé peut-être!...

Et c'est ce qui m'a empêchée de me jeter à l'eau...

Car je ne veux pas mourir sans connaître ma mère; sans la couvrir de larmes, de caresses, de baisers, si elle est encore de ce monde et si la Providence daigne la rendre à mon amour; sans m'agenouiller sur sa tombe, si je ne dois plus la rencontrer dans cette vie et si quelque révélation d'en haut vient m'indiquer où elle repose...

Ma mère! ma mère! ma mère!...

Un nom que je répète sans cesse dans mes prières!...