Et il lut ce qui suit avec avidité:

«On nous écrit de Saint-Germain:

»Un attentat des plus hardis a eu lieu avant-hier, dans la nuit, à Carrières-sous-Bois, au lieu dit: le Pavillon de la Faisanderie,—immeuble dépendant du château de Saint-Pons, et situé à l'extrémité du parc de ce dernier, sur l'un des côtés de la demi-lune connue sous le nom de Boule-du-Roi.

»Ce pavillon sert de maison d'habitation au garde général de M. de Saint-Pons.

»Des malfaiteurs, ayant appris que ce garde détenait pour le compte de son maître une somme assez considérable,—provenant de la vente annuelle d'une certaine quantité de coupes de bois,—se sont introduits, vers minuit, dans le rez-de-chaussée de ce pavillon, à l'aide, suppose-t-on, d'une fausse clé, fabriquée sur empreinte prise: car on n'a remarqué sur la porte aucune trace d'effraction.

»Ces malfaiteurs étaient au nombre de quatre.

»Celui qui semblait le chef de l'expédition portait—d'après la déposition du garde—un masque noir, garni d'une barbe de soie de même couleur.

»Notons, en passant, que ce garde n'est autre qu'un ancien agent de la sûreté, le sieur J... P..., qui a laissé à la Préfecture les meilleurs souvenirs d'intelligence, d'activité et d'énergie sous le sobriquet caractéristique de Patte-de-Fer.

»On sait que ces braves employés ont l'habitude de ne dormir que d'un œil.

»Réveillé par un léger bruit, celui-ci, qui couche au premier étage, sauta sur un revolver et, du haut de l'escalier, somma les intrus de se retirer.