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Le train était arrivé en gare à onze heures quarante du soir.
C'était une de ces lourdes nuits d'été qui chassent les Parisiens hors de leurs logis étroits.
Il faisait une chaleur étouffante.
Tous les cafés avaient mis dehors un triple rang de tabourets et de guéridons; et il n'y avait pas un tabouret qui ne fût disputé par une demi-douzaine de consommateurs; il n'y avait pas un guéridon qui ne fût couvert de bocks, de grogs, de mazagrans et de sodas.
Nos deux voyageurs débouchèrent de la gare par l'une des baies qui ouvrent sur la rue d'Amsterdam.
Ils s'arrêtèrent un moment sur le trottoir de celle-ci.
Devant eux, c'était le fourmillement de ce Paris éveillé comme un panier de souris, qui détraque l'éternelle horloge du temps et remplit les rues de tapage et de mouvement, à l'heure où la patriarcale province ronfle, la nuque sur l'oreiller,—portes closes, rideaux tirés, bougie éteinte.
L'ami Dick désigna à son compagnon divers établissements illuminés en face:
—Vous voyez que nous n'avons que l'embarras du choix. Cette rue d'Amsterdam est pavée de caravansérails hospitaliers, de cuisines internationales et de vide-bouteilles cosmopolites. Dans lequel vous plaît-il d'entrer?