Il était évident que ce dernier avait jadis revêtu l'uniforme.

On s'en apercevait à sa manière de se tenir droit, de porter haut, de parler bref, non moins qu'au ruban des médailles militaires d'Italie et de Crimée noué à la boutonnière de sa jaquette de velours vert côtelé.

Le reste de son costume se composait d'un pantalon de coutil gris qui s'enfonçait dans des guêtres de cuir fauve, d'un gilet de drap chamois sur lequel se bouclait le ceinturon d'un couteau de chasse et d'un képi qu'entourait un mince liséré d'argent.

Il avait, en outre, au dos, une carnassière dont le baudrier s'étoilait d'une plaque de cuivre armoriée et, sous le bras, un fusil double dont les canons noircis luisaient comme une peau de serpent.

Son compagnon avait les jambes fluettes, l'échine allongée et le museau pointu d'un lévrier.

Ce n'était point un homme brillant...

Mais quoi! je connais des poètes qui ont des redingotes plus pelées, des «tuyaux de poêle» plus rougissants et des tournures plus minables.

Celui-ci insinuait:

—Mon supérieur, est-ce que nous ne récidivons pas? On ne s'en va pas sur une patte. La chope de l'étrier, pas vrai?

—Grand merci, répondit le personnage au fusil: il se fait tard et je n'ai plus soif.