—Je serai là à midi moins cinq.
—All right... A demain donc... A propos, comment vous appelle-t-on?
—Richard Vautier.
—Alors, à demain, Dick!
—A demain, patron!
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
C'était de cette façon—expéditive et succincte—que le Français était devenu le secrétaire intime du riche Américain.
Nous croyons avoir constaté qu'en dehors de ses grandes combinaisons industrielles et financières, dans lesquelles il déployait presque du génie, et que sous les apparences d'une raideur purement nationale, Tomy-Samuel Murphy était ce que nous appelons un bon vivant,—très susceptible d'attachement,—très facile à apprivoiser, à amuser, à séduire, et, en même temps, très primitif, très prompt à s'étonner de tout ce qui ne touchait pas directement à ses opérations et très ignorant du monde qui s'agitait à l'extérieur de ses comptoirs et des bureaux.
Nous ajouterons que du nègre il avait conservé l'amour puéril du clinquant physique et moral, avec la gourmandise de tous les choses capiteuses et sucrées: parmi celles-ci, le tafia de la flatterie—encore qu'il affectât de le mépriser souverainement—n'était pas la liqueur, fermentée et savoureuse, dont il s'enivrait le moins souvent.
Or, Richard Vautier était brillant et caressant.