I
RETOUR AU PAVILLON DU GARDE
Dix mois environ après les scènes que nous vous avons mises sous les yeux dans la première partie de ce récit,—et six semaines approchant avant celles auxquelles vous avez assisté tout à l'heure,—Jacques Périn sortait, un matin, de chez lui pour faire sa tournée ordinaire.
Le temps était clair, radieux, superbe.
La forêt formait comme une muraille de verdure autour de la demi-lune qui s'arrondissait devant le logis du garde.
Le ciel bleu reposait sur la cime des grands arbres, ainsi qu'une coupole d'azur sur des colonnes de feuillage.
Le soleil était d'une douceur inexprimable. On entendait sous bois des vols et des chants d'oiseaux. Tout respirait la paix, la grâce,—et cette sérénité, cette beauté du jour levant mettaient dans l'âme comme une aurore.
Le fusil sur l'épaule, la guêtre au mollet, la carnassière au dos, Patte-de-Fer était en train de siffler ses chiens et de refermer sa porte, quand un roulement de voiture gronda dans une allée.
Bientôt le véhicule—une de ces antiques berlines, contemporaines du sacre de Louis XIV, dont Versailles et Saint-Germain ont seuls conservé l'apanage—déboucha sur le rond-point et vint s'arrêter en face du pavillon.
Deux personnes en descendirent:
La première était une religieuse d'un certain âge, drapée de la robe bleue et du voile de laine blanche des Dames de Sainte-Marie-des-Anges.