»D'un autre côté, il est juste qu'elle vous consulte sur le choix d'une profession: n'êtes-vous pas, en quelque sorte, comme son tuteur, et n'avez-vous pas charge de son avenir?

»Pour ma part, je me serais volontiers employée à la placer chez des personnes recommandables, si je n'avais craint de vous affecter en la séparant à jamais de vous.

»Ajouterai-je que je ne la soupçonne pas de nature à se plier aux exigences de la domesticité?

»C'est une fille jalouse de son indépendance.

»Et puis, il m'a semblé par vos lettres, qu'elle m'a montrées spontanément et naïvement, il m'a semblé, dis-je, qu'elle vous avait inspiré des sentiments qui ont résisté à l'absence.

»Ces sentiments, que ne les lui avouez-vous de prime abord? Le droit chemin est le plus court. Allez à Florette et dites-lui franchement:

»—Je vous aime!

»J'ai pour certain qu'elle professe à votre endroit une confiance, une estime, une reconnaissance sans bornes...

»De tout cela, je ne doute pas que vous fassiez—avec le temps—une tendresse réelle et durable.

»Vous êtes tous les deux sincères et vaillants. Vous serez heureux. Vous méritez de l'être. C'est ce que vous souhaite, du fond de sa retraite, celle que vous avez connue jadis sous le nom d'Eliane de Jouy et qui prie pour vous en signant