Il était à l'heure «charmante et violente» qui commence les grandes passions.

Dès l'abord, il s'était juré qu'il ferait sa compagne de cette fille chaste comme un rêve de vierge et réduite à figurer au milieu d'un troupeau grossier de saltimbanques.

C'est que cette fille, il l'avait vue telle qu'elle était, parce qu'il l'adorait sincèrement et profondément.

Il l'avait vue ignorante de la honte qui entourait sa profession et sensible à la musique des bravos.

Il avait deviné le calme angélique de son âme et cette haute fierté qui sommeillait en elle à l'état latent, parce qu'on ne lui avait jamais donné l'occasion d'éclater.

Aussi, jugez de sa stupeur et de sa douleur, quand il avait appris qu'elle était impliquée—indirectement, il est vrai,—à ce qu'annonçaient les journaux—dans cette tentative de vol qui avait eu les capitaux de M. de Saint-Pons pour objectif, le pavillon de la Faisanderie pour théâtre, et qui n'avait échoué que grâce au courage du garde Périn!

Non pas que le jeune homme admît—un seul instant—la culpabilité de son idole...

Non, mais il eût voulu que la jeune fille se montrât...

Elle n'avait qu'à paraître,—selon lui,—pour confondre une accusation absurde...

Or, la Filleule de Lagardère n'avait pas paru: