—Ne parlez pas! balbutia-t-elle.

Roger de Saint-Pons ne partit pas. Il revint au pavillon de la Faisanderie. Il y revint quand Jacques Périn y était et aussi quand il n'y était point. Son service obligeait le garde à vaquer fréquemment hors de son logis. Le marquis profita de ces absences. C'était immanquable et fatal.

Les entrevues des deux «amoureux» étaient chastes, d'ailleurs.

Si la jeune fille était, en effet, une de ces natures généreuses qui se livrent, le jeune homme n'était pas—jusqu'alors, du moins—un de ces habiles qui abusent sans scrupule d'une magnanime faiblesse.

Ces entrevues avaient lieu le plus souvent à l'extérieur du pavillon.

Tromper Jacques chez Jacques eût paru aux deux jeunes gens une action odieuse et lâche.

Et puis, leur bonheur, pour s'épanouir à l'aise, avait besoin d'air et d'espace.

Partant, ils se promenaient dans le parc ou dans la forêt, en échangeant, d'une voix étouffée, des paroles auxquelles l'eau des bassins, les fleurs des parterres et le feuillage des arbres frissonnaient.

L'ivresse qui les occupait, qui les absorbait, était telle, que Florette n'avait pas plus songé à interroger son Roger sur l'avenir, que celui-ci n'avait songé à questionner sa Florette sur le passé.

Jamais la fillette n'avait demandé au jeune homme à quoi aboutirait cette liaison d'un fils de famille, riche et noble—par conséquent, pouvant prétendre à tout—avec une enfant trouvée, sans nom, sans sou ni maille, sans la moindre notion de son origine, et vivant, au jour le jour, de la charité de l'excellent garçon qui l'avait recueillie.