Il avait des rides sous son fard et des cheveux gris sous sa perruque.
C'était un ancien second prix de tragédie au Conservatoire. Sa fidélité au culte de l'alexandrin classique l'avait perdu. S'il se fût seulement décidé, avec sa figure macaronique, à jouer les queues-rouges de la farce, il eût certainement partagé les triomphes des Alcide Tousez et des Grassot...
Maintenant, sous le costume traditionnel de Jocrisse,—la veste écarlate, la culotte jaune serin, les bas chinés, la tignasse d'étoupes à la queue en trompette et le tricorne surmonté de papillons de papier se balançant au bout de deux fils de laiton,—il avait charge d'entretenir la gaieté française par des coqs-à-l'âne d'un crétinisme désespérant.
On le rétribuait, en outre, d'une façon insuffisante, pour recevoir des coups de pied toujours adressés au même endroit.
La grosse femme avait un dolman de hussard, une jupe de tarlatane enguirlandée de roses, des bottes à l'écuyère et un schapska de lancier de l'ex-garde.
Par intervalles, elle abandonnait sa plaque de tôle pour emboucher un porte-voix et jeter le cri sacramentel:
—Le monde!... Le monde!... Suivez le monde!
Mais le monde se faisait prier.
Le monde va aux établissements qui payent de mine.
Devant le théâtre des Dislocations-Amusantes, il n'y avait guère qu'une douzaine de paysans des environs, une demi-douzaine de pioupious du camp voisin et deux cavaliers du régiment de chasseurs en garnison à Saint-Germain.